Déléguer la gestion de ses campagnes est parfaitement légitime : c'est un métier. Déléguer la propriété de son compte l'est beaucoup moins, et pourtant, c'est fréquent, souvent sans que l'annonceur en ait conscience.
Question 1 : à qui appartient le compte ?
Si le compte publicitaire a été créé par le prestataire sur sa propre structure, l'historique lui appartient. Le jour où vous changez, vous repartez de zéro : plus d'historique de performance, plus d'apprentissage accumulé, plus de données de conversion. La reconstruction coûte plusieurs semaines de résultats dégradés.
La bonne configuration est simple : le compte est à votre nom, et vous donnez un accès de gestion. Vous gardez la propriété, le prestataire garde la main pour travailler.
Le jour où vous changez de prestataire, vous découvrez ce que vous possédiez réellement.
Question 2 : qui lit les résultats ?
Un rapport rédigé par la personne qui exécute est structurellement juge et partie. Ce n'est pas nécessairement de la mauvaise foi : c'est un biais normal : on met en avant ce qui marche. La conséquence est concrète : les questions gênantes ne sont jamais posées.
Un regard indépendant ne remplace pas le prestataire. Il pose les questions que personne n'a intérêt à poser : pourquoi ce budget augmente-t-il ? pourquoi ces termes de recherche continuent-ils d'être payés ? le coût par client réel a-t-il baissé, ou seulement le coût par clic ?
Question 3 : que se passe-t-il si vous partez ?
- Le compte reste-t-il actif à votre nom, avec son historique ?
- Les pages d'arrivée créées pour les campagnes vous appartiennent-elles ?
- Le suivi des conversions est-il posé sur votre propre installation, ou sur celle du prestataire ?
- Les listes d'audience constituées avec votre trafic restent-elles accessibles ?
Ces quatre points se règlent en dix minutes au démarrage. Ils prennent des mois à rattraper ensuite.
Le cas particulier des offres « tout compris »
Une offre qui mélange budget média et prestation dans un forfait unique rend impossible la lecture du rendement : vous ne savez pas ce qui part en publicité et ce qui part en honoraires. Exigez la séparation. Ce n'est pas un signe de méfiance, c'est la condition d'un arbitrage possible.
Concrètement
Vérifiez aujourd'hui, sans attendre un conflit, qui est propriétaire de votre compte publicitaire et où est installé le suivi des conversions. Si la réponse n'est pas « moi », c'est le premier sujet à traiter, avant même la performance des campagnes.
On ne pilote pas ce qu'on ne possède pas.


